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Participe Présent

Méditer…Pourquoi? Comment?

 

Voici une double question qui m’est souvent posée lorsque j’évoque la méditation, et à quel point elle a révolutionné mon existence (ou plutôt devrais-je dire ma manière d’être au monde): qu’est-ce véritablement que méditer, et comment s’y initier? Dans un précédent billet, j’ai évoqué à travers quelques idées reçues, ce que la méditation n’était pas. Je vous propose d’entrer ici davantage dans ce qu’elle est, et comment y poser les premiers pas.

Un entraînement à la liberté…

Personne ne s’élancerait dans un marathon sans avoir préparé son corps et son mental à un tel effort d’endurance. De même, avant de jouer prodigieusement une symphonie de Chopin, les mains du musicien ont répété des milliers de fois les mêmes gestes. C’est dans cette perspective que la méditation se conçoit: si des bienfaits peuvent être ressentis dès les premières expériences, les qualités du méditant s’acquièrent au fil des mois et années de pratique. Bien loin des clichés qui assimilent la méditation à une relaxation, à la prière ou à des cogitations intellectuelles au sujet d’une question épineuse, celle-ci consiste donc en un entraînement de l’esprit. Comme le virtuose qui recherche inlassablement la perfection du geste, comme le marathonien qui, de course en course, forge son corps à l’exploit, le méditant entraîne son esprit…à la liberté. Car c’est bien d’un processus libérateur dont il est question, qui amène à prendre conscience de ces sollicitations effrénées, conditionnements, automatismes émotionnels ou schémas de pensées qui enferment l’esprit dans la confusion et l’agitation. Le but n’est pas de rejeter ceux-ci, mais de ne plus se laisser emporter dans leur course débridée. Laisser être. Sans chercher à être calme. Sans chercher à être en paix. Sans critique ni objectif à atteindre.

« Nous déployons beaucoup d’efforts pour améliorer les conditions extérieures de notre existence, mais en fin de compte c’est toujours notre esprit qui fait l’expérience du monde et le traduit sous forme de bien-être ou de souffrance. Si nous transformons notre façon de percevoir les choses, nous transformons la qualité de notre vie. Et ce changement résulte d’un entraînement de l’esprit que l’on appelle ‘méditation' ». Mathieu Ricard

Pour autant, la méditation n’est pas qu’une pratique de l’esprit. Méditer, c’est être intensément présent à ce qui survient dans la tête, dans le corps, dans le cœur et dans ce qui nous environne. Et cette présence sans cesse renouvelée modifie fondamentalement la manière d’être en relation avec le monde, avec les autres. En ce sens, la méditation n’est pas une contemplation égocentrique de notre petit moi, qui planerait sur son nuage de narcissisme. Le temps passé assis dans le silence est comme un laboratoire calfeutré où l’on cultiverait une manière d’être, qui serait ensuite rendue contagieuse à toutes les situations de « la vraie vie ». Plus on s’y adonne, plus elle imprègne les actes et les relations du quotidien de cette présence, intense et non-jugeante, que l’on applique à ses propres ressentis durant la méditation.

…d’une simplicité déconcertante

« On ne médite que si on arrête de chercher à méditer ». Fabrice Midal

Du Zen au Tai-chi, de la méditation Vipassana à celle de la pleine conscience, il existe de multiples manières d’entrer dans la méditation. Je dirais que les pratiques les plus simples, épurées de toute connotation culturelle ou religieuse, permettent le plus sûrement d’approcher la véritable nature de la méditation. Il y a actuellement un engouement grandissant pour le programme « MBSR » (Mindfulness based stress reduction) de 8 semaines de réduction du stress par la pleine conscience, conçu par Jon Kabat-Zinn, et transmis par de nombreux instructeurs certifiés. C’est par ce biais que je me suis ouverte à la méditation, il y a quelques années, et, d’une certaine manière, je la pratique encore aujourd’hui, mais son postulat de départ -la réduction du stress- peut être égarant et amener à un rapport édulcoré aux émotions, qui tôt ou tard rejaillissent dans toute leur intensité.

« Au fond, écrit Fabrice Midal dans son dernier ouvrage « Foutez-vous la paix et commencez à vivre », on ne médite que si on arrête de chercher à méditer. Si on se débarrasse de l’impératif de devoir réussir quelque chose, d’accomplir quelque chose, de répondre à un objectif ». Selon lui, la force des règles de la méditation est d’être très simples. La première règle est d’être présent à son souffle, de se resynchroniser avec la vie en soi. Le deuxième pas est d’être ouvert à tout ce qui est là, d’observer avec curiosité ce qui se passe en soi et autour de soi, moment après moment, d’être présent de tout son être. L’important, c’est ce à quoi cette posture ouvre. « Faire confiance à son intelligence est une expérience profonde à côté de laquelle nous passons trop souvent, en refusant d’accorder la moindre importance à ce que nous ressentons. Méditer m’aide à réveiller ces antennes que j’ai en moi et qui ne demandent qu’à se déployer. Pour peu que j’accepte à l’avance de ne pas savoir ce qui va advenir, de m’ouvrir à l’imprévu et à l’intelligence qui jaillira en moi ».

Les principales références que je recommande pour s'initier à la méditation: